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Carmentis

Résultat

Plaquette décorative
  • CollectionCollection Proche Orient
  • Numéro d'inventaireO.03009
  • Nom de l'objetPlaquette
  • TitrePlaquette décorative
  • Culturephénicien
  • GéographieLieu de production: Proche et Moyen Orient (Asie)
    Lieu de découverte: Nimrud (Asie > Mésopotamie > Assyrie)
  • Datation-827 / -609
  • MatièreIvoire (Animal > Dent > Dent mammifère)
  • DimensionsHauteur: 11,7 cm, Largeur: 7,4 cm
  • PropriétaireMusées Royaux d'Art et d'Histoire / Koninklijke Musea voor Kunst en Geschiedenis
  • Commande de photos
Description
Références

À l’instar de ce qui s’est passé dans le nord de la Syrie, l’art de l’ivoire s’épanouit à nouveau dans les centres artistiques phéniciens au cours du début du 1er millénaire. Des centaines d’exemplaires de plaquettes furent mis au jour lors de fouilles menées dans des palais assyriens et dans des bâtiments officiels (Nimrud, Khorsabad, Arslan Tash et Assur) où ils arrivèrent en guise de cadeaux diplomatiques, butins de guerre ou tributs que les villes phéniciennes avaient payés pour la relative autonomie économique dont elles bénéficiaient au sein de l’empire assyrien. L’exemplaire le plus réussi montre un griffon devant un Arbre Sacré, aujourd’hui disparu. Il n’y a aucun doute qu’il ait jadis existé une deuxième plaquette identique en miroir destinée à compléter cette composition de manière symétrique (cat. 503). L’animal hybride, qui passait pour l’un des gardiens de ce symbole de l’ordre universel, a été affublé d’une paire d’ailes à la mode égyptienne. Un autre thème oriental, celui de la femme au balcon, également traité à l’égyptienne dans ce cas-ci (remarquez la perruque et les yeux en amande), orne l’autre plaquette (cat. 504). Ce motif traite de l’hiérogamie, un mariage sacré en l’honneur d’Astarté (-Hor ? « Astarté-à-la-fenêtre »), simulée par des femmes qui, pour ce faire, enfermaient dans le temple des hommes de passage. Le phylacterion ou bijou posé sur la perruque de cette dame y fait également allusion et, dans la littérature biblique, il est le symbole par excellence de la prostituée.
En plus des nombreuses plaquettes qui décoraient jadis du mobilier palatial ou cultuel, les défenses d’éléphant ou les dents d’hippopotame servaient à confectionner des sceptres, des chasse-mouches, des éléments du harnachement des chevaux ou tout ustensile de toilette. Ainsi, des plaquettes trapézoïdales furent-elles réservées à la fabrication de petites boîtes à onguent ou de petits récipients hexagonaux destinés à contenir du sel ou des épices lors de banquets. Ici aussi, l’influence égyptienne se fait sentir en matière d’ornementation (sphinx : cat. 506, dieux à tête de faucon), sans oublier les adaptations nécessaires au goût local, tel le scarabée à deux paires d’ailes plutôt qu’à une seule. Le motif du jeune dieu soleil émergeant du lotus est un autre thème particulièrement populaire dans l’art des pharaons libyens qui régnaient sur l’Égypte à cette époque et qui fut propagé dans les différentes expressions de l’art phénicien. Le style de ces plaquettes trahit la production d’un atelier régional très éloigné d’un centre important, tel Sidon, et peut-être situé à Arouad ou dans les environs de cette cité insulaire. E.G.