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Siaku-hachi, Shakuhachi
  • CollectionCollection instruments de musique
  • Numéro d'inventaire0714
  • Nom de l'objetShakuhachi
  • TitreSiaku-hachi, Shakuhachi
  • CréateurAuteur inconnu
  • GéographieLieu de production: Japon (Asie > Asie de l'Est)
  • Datationavant 1884
  • MatièreBambou (Bambusoideae) (Végétal > Herbe)
  • TechniquePeinture (bois) (Bois > Décor et finition)
  • DimensionsHauteur: 54,6 cm, Largeur: 4,5 cm, Profondeur: 4,5 cm
  • DépôtMusée des Instruments de Musique / Muziekinstrumentenmuseum
  • PropriétaireMusées Royaux d'Art et d'Histoire / Koninklijke Musea voor Kunst en Geschiedenis
  • Commande de photos
Description
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Le shakuhachi (aérophone) est une flûte japonaise à encoche à cinq trous (dont un trou de pouce) qui est apparentée aux autres flûtes à encoche d'Extrême-Orient : le xiao et le dongxiao de Chine ainsi que le danso et le tungso de Corée. Les flûtes à encoche sont des flûtes droites dont l'extrémité comprend un biseau ou une encoche (et non un bec) qui permet de produire le son.
Le shakuhachi (aérophone) est une flûte japonaise à encoche à cinq trous (dont un trou de pouce) qui est apparentée aux autres flûtes à encoche d'Extrême-Orient : le xiao et le dongxiao de Chine ainsi que le danso et le tungso de Corée. Les flûtes à encoche sont des flûtes droites dont l'extrémité comprend un biseau ou une encoche (et non un bec) qui permet de produire le son.

Le terme shakuhachi 尺八, signifie 1 pied 8 pouces (54.5 cm), longueur du shakuhachi standard en ré. Il est devenu par extension le nom de toutes les flûtes du même type, quelle que soit leur longueur, de 1,1 à plus de 3 pieds.
Une flûte chinoise du Fujian d'apparence très semblable mais avec un trou de jeu supplémentaire, appelée dongxiao, porte aussi le nom 尺八, qui se transcrit chiba et signifie également 1 pied 8 pouces.

Le shakuhachi est fait d'une portion de bambou madake (Phyllostachys bambusoïdes) comprenant sept nœuds depuis la racine, le septième nœud étant à hauteur de l'embouchure ; quatre nœuds très rapprochés sont conservés du côté de la racine. Le départ des racines, les nœuds, les irrégularités naturelles et les taches de couleur du bambou font partie de l'esthétique de l'instrument. Selon les différentes écoles de jeu, l'intérieur de l'instrument est laqué ou non et la forme de l'embouchure varie. Il existe aussi désormais des shakuhachis en bois tourné ou en plastique qui sont surtout utilisés par des débutants.

L'échelle produite naturellement en ouvrant successivement les cinq trous (ré-fa-sol-la-do-ré) est pentatonique et ne comprend pas de demi-tons, alors qu'ils sont courants dans la musique japonaise. On peut cependant obtenir toute la gamme chromatique (les douze demi-tons) en utilisant d'autres doigtés et en modifiant l'angle du souffle. Mais alors le timbre de toutes les notes n'est pas uniforme : ce qui serait jugé comme un défaut en musique occidentale fait la richesse de la musique du shakuhachi basée en partie sur l'infinité des timbres produits. On utilise et on recherche aussi des sons considérés chez nous comme bruits parasites et non musicaux, les impuretés et le bruit du souffle, les frappes de doigts. Ces recherches de sonorités non pures se retrouvent dans la musique d'autres instruments japonais.

Le shakuhachi a été une première fois introduit de Chine au Japon avec les autres instruments de l'ensemble de cour gagaku au début du VIIIe siècle. Il a ensuite disparu du Japon pour réapparaître dans les sources après quelques siècles.

Le shakuhachi tel que nous le connaissons actuellement est très semblable à l'instrument joué par les moines mendiants itinérants komuso depuis le XVIIe siècle. Ces moines zen de l'école Fuke utilisaient le shakuhachi comme support pour la méditation. Le répertoire des komuso a été collecté et publié au XVIIIe siècle : les pièces fixées alors forment le répertoire de base de l'école Kinko et sont connues sous le nom de honkyoku. La notation utilisée n'indique pas une note mais un doigté qui produit une certaine note avec un certain timbre. Le rythme et les ornements sont suggérés visuellement.

Au début de l'ère Meiji le répertoire du shakuhachi se sécularise avec la suppression de l'école Fuke en 1871. Les musiciens jouent aussi bien le répertoire traditionnel honkyoku que des chants populaires minyo ou de la musique de chambre. Le shakuhachi a remplacé progressivement la vièle dans le trio formé auparavant par un koto (cithare), un shamisen (luth) et un kokyu (vièle).

A côté de l'école Kinko, l'école Tozan fondée au début du XXe siècle, crée un nouveau répertoire et développe un nouveau type de notation où le rythme est précisément indiqué.

Le shakuhachi est désormais adopté par des musiciens occidentaux qui ont suivi une formation traditionnelle complète au Japon et transmettent à leur tour leur art à l'étranger. Les shakuhachistes continuent à composer de nouvelles pièces et des compositeurs contemporains tels que Toru Takemitsu et Akira Tamba ou le Belge Claude Ledoux ont composé pour shakuhachi et orchestre occidental ou pour shakuhachi et d'autres instruments japonais.

Le shakuhachi du MIM est en une pièce de madake, les racines sont polies, l'intérieur est laqué de rouge, l'embouchure renforcée de corne est de type kinko. L'instrument porte une marque de facteur.

Cette flûte fait partie d'un ensemble de douze instruments japonais de grande qualité offerts au Musée Instrumental par l'Institut de Musique de Tokyo après leur exposition lors de l'International Health Exhibition de Londres en 1884.

Claire Chantrenne