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Seirō jūni toki tsuzuki (Les douze heures des maisons vertes): L'heure du lièvre (U no koku)
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Courtisane tendant sa veste au client prêt à partir. La peinture de Daruma sur la doublure de sa veste est signée Suzuki Rinshô. C'était un artiste académisant qui avait dessiné Fukurokuju, l'un des Sept dieux du bonheur, pour 'Yomo no haru', un album publié chez Tsutaya en 1795.

Éditeur : Tsutaya Jûsaburô. Cachet de censure : kiwame. Format ôban. Fond jaune ; application de laiton en poudre.
Une courtisane tend sa veste à un riche client - invisible ici - prêt à s'en retourner chez lui, vers les 6 heures du matin. Or cette veste porte une doublure luxueuse, ornée d'un portrait du patriarche de la secte Zen, Bodhidharma (en japonais, Daruma), peint par un artiste de l'école Kanô, Suzuki Rinshô (+ 1802). C'était là une manière de tourner les lois somptuaires concernant l'habillement des citadins roturiers, étant donné que le vêtement indiquait par lui-même le rang social. Par les lois en question, les riches marchands aussi bien que la gent masculine bourgeoise en général se voyaient interdire les vêtements recherchés, faits de trop belles étoffes, et dans des tons autres que neutres et sombres. Pour eux, l'ostentation dans la mise comportait un risque de confiscation des biens et de bannissement. De sorte que le luxe et le raffinement se réfugiaient dans les sous-vêtements et les doublures.
Cette suite de douze planches est l'un des chefs-d'œuvre d'Utamaro. L'encadré y prend la forme d'une horloge, avec le titre de la suite placé entre les deux contrepoids, le titre de la planche dans la sonnerie et avec, entre les deux, une fleur en lieu et place du mécanisme. Cet encadré rappelle qu'au Shin-Yoshiwara, le décompte du temps avait une grande importance. En effet, le client payait en fonction du moment et de la longueur de son passage ; les rendez-vous diurnes coûtaient plus cher, puisqu'ils s'ajoutaient au programme chargé des soirées dans les maisons closes. Dans ces planches, Utamaro montre les différentes activités des courtisanes au fil du jour et suggère le changement d'humeur qu'elles pouvaient provoquer. Par ailleurs, cette suite est l'un des fleurons de la collection du Musée. De toutes les épreuves connues, celles-ci sont sans doute les plus belles par la qualité d'impression, par la beauté et la conservation des couleurs.